Il sent le danger..., alors, attendant la communication, il s'allonge à côté de moi.
Pourvu qu'il tienne le coup! Lui qui fait des malaises vagal à la moindre émotion... Le médecin qui décroche au bout du fil le ramène à la réalité et demande de décrire les symptomes. Je vous envois quelqu'un immédiatement!
Alors le voilà rassuré.
Flore crit dans le jardin, elle a dix ans, c'est grave elle le sent, elle le sait...
"Maman..., maman...,pourquoi maman!!!..."
Ludivine est à mon chevet, elle a quatorze ans, elle me tient la main, me rassure mais son regard est inquiet.
Je lui demande , enfin, je lui fait signe de la main gauche de faire taire sa soeur.
Il n'est pas nécessaire d'alerter le voisinage ... Je ne veux que nous...
Pascal est là. Il me sourit...Tente de me rassurer . Moi aussi je lui souris...
J'ai froid ,si froid... Je m'enfonce. Jusqu'où vais-je aller? L'inévitable? Elle est là, je la sens...
Et ce froid qui n'en finit pas..., je grelotte à en claquer des dents. Et il fait déjà passé trente degrés dehors à huit heures trente ce matin.
Alors Pascal se colle à moi désespérément pour me réchauffer mais rien n'y fait.
Et puis je ne sens plus son contact ...
Alors, je me pince avec ma main valide, je ne sens plus rien maintenant...
Je suis prisonnière de mon corps. Mon esprit est vif et mon corps ne répond plus.
C'est une sensation indéfinissable... Un sentiment d'impuissance...
...je ne sais plus ... je suis perdue...
La petite chienne effrayée est tapie sous le lit, sous ma tête.
Cinq minutes plus tard les secours sont là SAMU et pompiers.
Le médecin pose des questions auxquelles je ne peux répondre. Mon mari le fait et précise que je suis du métier, qu'il n'est pas nécessaire de cacher quoi que ce soit , je sais ce que j'ai...
Cela les détend eux aussi.
Ils sont cools. Afférés mais cools et tellement sympa...
"Bon je te tutoies si tu veux bien, tu t'appelles comment?"
Je rassemble mes forces, Dieu que c'est difficile...
"Nnnaaatth....aaalie" dis-je peiniblement, mais qu'elle victoire!!!
J'ai réussi à sortir un mot!
"Allé ma chérie, tu verras ça va bien ce passer, tu as de la chance que ton mari soit intervenu de suite , c'est cela qui va te sauver!"
Oui d'accord, à condition que mon état ne se dégrade encore... Qui peut le dire?.... pensais-je.
J'essaie de sourire. Pour les miens , pour ces personnes qui sont là pour moi.
C'est idiot je sais mais... c'est pour moi aussi.
Ils me font déjà un bilan, me scope, quelques tests de réactivité , préviennent le service de réa qui me recevra de se tenir pret, nous partons.
Pas le temps de dire au revoir aux filles qui me regardent ,interdites partir sur le brancard et m'engouffrer dans le camion du SAMU.
Le camion part, suivi des pompiers et de Pascal.
Les filles restent à la maison , leur grand -mère doit arriver avec une de leur tante.
